Juste parce que le froid est là, juste parce qu'il ne faut pas oublier que ça n'arrive pas qu'aux autres.

Il eut fallu que peu de courage pour m’exclure de votre monde
J’étais là, je ne gênais personne, je travaillais, ne faisait de bruit
Pourtant il y eu au courrier, ce morceau de papier immonde
Qui portait les traces d’une future déchéance qui à l’horizon luit
L’enchaînement systématique des évènements qui font loi
Tu es parti, emportant avec toi, la force que j’avais mis en notre amour
Notre enfant grandit, loin de moi, tu l’avais emporté avec toi
Seul je restais, mes idées mortes, avec mes bras trop courts
Même mes murs je les ai perdus, tandis que le trottoir m’appelait
Etre parmi tout ces gens qui courent sans se retourner, j’allais y être
Eux vont vite, et moi comme les miens d’aujourd’hui sommes laids
Statiques comme peuvent l’être le froid qui s’abat sur nos lettres
Nos mots écrits ça et là, sur tes petits bouts de cartons, sur l’asphalte
Réclamant le petit geste qui apportera le réconfort qu’il nous faut
La charité, s’il vous plait que nous puissions faire un semblant de halte
Sur le chemin de la faim, du froid, sur celui qui fait que s’envolent nos défauts
Défauts, quels défauts ? de quoi sommes-nous coupables ? devons nous tout supporter ?
La déchéance, l’isolement, le regard de nos contemporains et notre vie
J’aimerais tant revenir à hier, pour pouvoir juste avant la chute, bifurquer
Qu’il est difficile de se souvenir de ce que je fus et voir ce que je suis aujourd’hui
Il en faut du courage pour affronter vos regards, qui ne sont pas haineux
Vous en faut il du courage pour affronter le notre qui ne se baisse jamais ?
J’ai mal, si mal de n’avoir pas désirer tout cela, tout ce qui est hideux
Mangerais je ce soir où devrais je encore sauter un repas comme une plaie
Je suis un navire en perdition, sans contrôle sur mon allure
J’avance tant bien que mal vers la fin inéluctable de ma souffrance
Je ne résisterais plus à cette pression qui m’écrase, si dure
Alors mourir pour mourir, je préfère m’en aller dans la cadence
Chercher jusqu’à ce jour où j’en aurais fini, de vous voir vous apitoyer
Chercher la force pour mendier ma nourriture, mon espace de vie
Je n’ai plus envi et pourtant je dois le faire pour encore continuer
Trop de questions en moi pour m’illusionner de l’avenir, du dépit
Où es tu mon enfant, ma vie, ma chair, toi que je n’ai vu grandir
La rue est devenue mon domaine, ma loi, mon havre
Tu me manques tant, j’aurais voulu à la face du monde te brandir
Comme un trophée, comme une victoire sur mon épave
Encore un peu de patience et je débarrasserais le plancher
Je ne serais plus qu’une icône de passage sur le trottoir
Un fantôme léger que la souffrance aura détruit et terrassé
Juste désireux de ne laisser aucune trace de mon désespoir
@Jean Frédéric…………………………………………………










