Défi 46 par Emmy34..
« Il est trois heures du matin. Angèle se réveille en sursaut. Encore un cauchemar. Cette fois ci elle se souvient de la scène à la perfection. Elle voit la voiture glisser sur le verglas, une petite Clio Bleu Roy avec une multitude d’autocollants. Elle lit même l’immatriculation qu’elle note scrupuleusement. La dernière fois que ça lui est arrivé, elle a eu tord de ne pas noter, elle s’en veut encore. Elle aurait pu aider les sauveteurs à retrouver la petite embarcation échouée. Il ne faut pas lui parler de flash ni de vision, elle préfère dire cauchemar. »
Réponse par jfred !
Tout lui revenait en mémoire, en fait rien n’en était sorti, puisque tout ces cauchemars elle les garde en elle, bien enfoui au fond de sa mémoire, jusqu’à ce qu’ils ressurgissent à la faveur d’un fait divers entendu à la radio, vu à la télé.. – « oui » se disait elle – « je le savais »
Qu’il est difficile d’avoir à vivre avec cette chose au fond de soi.. Flash, vision, cauchemar, bien souvent elle se posait la question, même si le terme cauchemar était préférable selon elle. Pourquoi aurait elle des visions ? pourquoi des flashs aussi précis ? Et en même temps elle arrivait à s’y faire. Ce n’était pas aussi souvent que ça, mais tellement dramatique à chaque fois. L’embarcation jamais retrouvé avec à son bord cette famille de plaisancier, bilan de ce flash ? 4 portés disparus.. Cette voiture dernièrement, cette clio bleue roy, 450 AEZ 34, c’était comme ci elle avait la carte grise dans son portefeuille, comme ci, cette voiture lui appartenait, comme ci elle l’avait laissé en bas de chez elle, mais Angèle n’a que 12 ans, et à 12 ans on ne conduit pas, et puis cette petite voiture, lui aurait été volée, car c’est elle qu’on recherchait activement, avec à son bord un homme dit dangereux, qui a prit en otage cette femme. Cet homme que toutes les polices du département recherchent activement, a braqué il y a 1 heure le crédit lyonnais de Sète. Voyant que ça tournait mal, un mort à l’intérieur de la banque, il avait prit cette femme en otage avec sa petite voiture… Et ça Angèle, le savait, elle l’avait vu la nuit dernière. Elle avait tout vu, tout, du braquage jusqu’à la fuite en voiture, tout.. Et elle était là, avec son terrible secret qui la hantait. Que faire du haut de ses 12 ans ? Bien sûr elle était intelligente, elle avait déjà sautée 2 classes, et on ne la traitait pas en petite fille, non, son intelligence la faisait être beaucoup plus mûr que son age véritable, même son physique trahissait une maturité plus en adéquation avec une jeune fille de 16 ans que 12. Que faire se disait Angèle ? que faire ? En parler à sa mère ? pour qu’ils aillent à la police après ? et pour quoi dire ? « messieurs les policiers, j’ai tout vu dans mon cauchemar, j’ai tout vu, l’homme l’otage, la voiture, et même où ils sont » .. « Mon dieu » se disait elle soudainement…
Oui elle savait où ils étaient, car cela aussi elle l’avait vu. Elle savait où cet homme dangereux et derrière lequel tant de gens étaient à ses trousses, avait emmené son otage, cette femme sans défense. Elle le savait.. Dans les terres, pas si loin de la ville d’ailleurs, mais un endroit si paisible, où personne ne passe, une vieille maison, un ancien presbytère. Personne ne savait à qui appartenait cette bâtisse maintenant.. Ils étaient là ! Elle le savait.. Ca serait si facile d’aller trouver la police et de leur dire, si facile.. Oui mais comment dénoncer son papa…. Cet homme que l’on disait dangereux, était son père. Un chômage qui dure et qui dure, les allocations qui s’envolent, le loyer qui devient de plus en plus difficile à payer, la honte du rmi, quand on a été ce qu’il fut.. Sa femme, sa propre mère, qu’elle voyait pleurer si souvent..Et le dérapage, ce braquage pour pouvoir « survivre ». Ce braquage de banque qui foire, parce qu’un employé trop bête qui se met à jouer les Zorros, et le coup qui part sans le vouloir, et l’employé qui tombe, terrassé mortellement. Alors la panique, la ruée vers la sortie, sans même prendre l’argent, la voiture qui s’arrête à ce même moment, et l’idée de l’otage..
Sur ses joues coulaient doucement des larmes, Angèle ne savait plus quoi faire, Angèle était perdue. Son intelligence ne lui suffisait plus, son sens de l’amour pour ses parents non plus, elle était véritablement perdue. Elle s’allongea sur son lit, serra contre elle son vieux nounours qui la suit depuis sa naissance, et ferma les yeux… Flash ! cauchemar ! vision ! ça tournait tout autour d’elle… Elle ne pouvait ouvrir les yeux, de l’intérieur ça l’éblouissait !! D’un coup, d’un seul, elle fut assise sur son lit.. Elle entendit sortir de sa bouche ces paroles, mais qu’elle était cette voix ? Elle l’a connaissait, mais ce n’était pas la sienne.
« Laissez moi ! je ne voulais pas ! je vous jure je ne voulais pas tout ça ! la société m’a foutue par terre, m’a exclue ! laissez moi, pitié laissez moi où je la tue ! »
Angèle ouvrit les yeux, elle était en sueur. Il était temps, deux minutes plus tard, sa mère entra dans sa chambre, et lui dit « et bien qu’as tu Angèle ? tu es en transpiration, tu as de la fièvre ? et ton père qui ne rentre pas, où est il passé encore ? tu le sais Angèle ? »
Elle ne répondit pas, pas tout de suite, regarda sa mère. Elle aurait voulu lui dire, elle aurait voulu, mais ce qu’elle dit était tout autre. « Non je ne sais pas où est papa, et non j’ai eu un coup de chaud, mais ça va, je vais sortir voir Steph » - « Ok, mais ne rentre pas trop tard, avec ton père on voudrait manger de bonne heure ce soir »
Angèle sorti de la maison, et marcha sur le trottoir, commença à prendre la direction pour aller chez son amie Steph, mais changea de direction, se mit à courir aussi vite qu’elle le put.. Non elle ne pouvait pas laissez son papa comme ça ! Non elle ne pouvait pas non !! elle le sauverait !! tant pis pour la police, pour le mort, pour tout, tant pis !! elle sauverait son père coûte que coûte ! Elle courut encore et encore, sans fatigue, d’une allure rapide et précise. Elle arriva sur le chemin qui mène à l’ancien presbytère, la clio bleue sur le côté et au bout de l’allée, la bâtisse. Elle le savait ! elle l’avait vu, elle savait tout ! elle savait que bientôt un hélicoptère survolerait la zone et repèrerait la voiture. Elle le savait, courut plus vite encore et tout en courant cria « Papa !! Papa !! sauve toi !! ils vont arriver » Elle gravit les marches du péron, ouvrit la porte et entra.. Le silence régnait dans la demeure. Elle en fut étonnée, car elle avait criée fort avant d’arriver. Se serait elle trompée ? Est ce que sa vision lui aurait fait défaut ? Est ce que son père ne serait en fait qu’en train de boire un coup avec des copains dans un café de Sète ? Pourtant elle avait bien suivi sa vision, montée le long des pentes du Mont Saint Clair pour arriver là… Une porte s’ouvre… Angèle se figea, une femme apparue, blanche, qui bredouilla -« Il il il est là ! il veut vous parler, il est là »
Angèle avança, entra dans la pièce, la femme ne parti même pas. Elle restait dans l’entrée de la maison. Angèle vit son père assis par terre, le fusil qui lui avait servi à braquer près de lui. –« Papa ? papa il faut te sauver ils vont arriver » Au loin le bruit d’un hélicoptère se faisait entendre.. « Papa écoute, ils sont presque là, sauve toi je t’en prie, t’a pas fait exprès dans la banque ». Son père lui sourit et lui dit « Angèle, mon Angèle, mon amour, ma fille, prend soin de maman, je vais partir, je vais partir pour toujours. Je ne pourrais vivre en prison » - « Papa je t’en prie » - « Tait toi mon Angèle, laisse moi finir mon amour… Dis à maman que je l’ai toujours aimé et que toi et elle, furent les seules que je n’ai jamais aimé, dit lui bien que c’était pour vous, pour vous offrir autre chose que cette vie, pour que tu puisses continuer tes études mon amour, toi qui est ma merveille, mon trésor... Aller, sauve toi vite mon ange, mon Angèle, sauve toi vite avant qu’ils arrivent…et qui sait un jour.. Surveille ta pensée »
Angèle ne comprit pas tout à fait ce que voulait dire son père, mais comme ci, c’était sans appel, elle tourna le dos, et s’en alla. Prit la femme au passage, et lui dit, de partir attendre la police à l’entrée du chemin. Angèle, quant à elle, rentra chez elle, prétextant que Steph devait aller quelque part ce qui justifiait son retour prématuré..
Les infos du soir, annoncèrent que la police avait retrouvée la voiture qui avait servit au hold up du crédit lyonnais de Sète, mais que la maison où s’était réfugié l’homme, selon l’otage libéré, était vide. Un fusil à terre, la trace du passage de l’homme et de l’otage bien sûr, mais personne. Angèle ne s’en étonnait même pas, elle semblait apaisée, sa mère l’était également, ne se posant pas la question de cet après midi, où était son mari. Non elles avaient mangées de bonne heure toutes les deux, comme sa mère le voulait, car elle avait une émission qu’elle ne voulait pas rater. Non aucunes questions, rien, comme ci leur vie était faite à deux, et depuis toujours.. Angèle, était paisible, reposée, calme. Sa maman lui souriait. « Ma chérie, tu te couches de bonne heure ce soir, je crois que tu as un examen blanc demain » - « Oui maman promis ».
Angèle mit son pyjama bleu avec des petits dauphins dessus, elle l’aimait bien celui là, quelqu’un lui avait offert, il y a peu.. quelqu’un… qui ? Elle se coucha, et s’endormit vite.. Un rêve passa… elle tenait la main d’un monsieur qui l’emmenait partout où elle le désirait, et surtout qu’il y avait avec elle sa maman, elle était heureuse dans ce rêve.. ou vision ? flash ? Cauchemar ? Rêve ? Elle le trouvait plutôt vivant son rêve, c’était encore plus palpable que ses visions.. Elle était heureuse. Angèle était heureuse oui.. Elle dormait en souriant…
Jusqu’au bout de la nuit… Ce n’est qu’au matin qu’elle entendit le bruit d’une détonnation…